The Quiet Things

20 février 2011


 

 

I'm thinking maybe I can't have relationships
'Cause lately they're not making any sense
And baby, you're the one thing on my mind, but that can change anytime 

 

'Cause there's so many fine women that my head is spinnin'
And I've lost all feelin', everybody's singin' like -
'Cause there's so many fine women that my head is spinnin'
And I'm seein' double vision, everybody's singin' like -

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Fiat lux

9783110173543

 

Et lux fuit. 

 

 

Et l'esprit s'éveilla,
comme après un long sommeil,
encore endolori par une éternité d'aphasie. 

Posté par elfairy à 12:14 - Billet du m'heure - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

11 février 2011

Musculation

J'en ai pris conscience il y a quelques temps. Les choses se posent de manière très simple, très limpide. 

 

Je deviens bête. 

 

Depuis que je ne suis plus en prépa, j'ai l'impression de devenir stupide, de plus en plus. La lente décadence de l'esprit. Mon cerveau était comme un muscle ; le surentraînement de la prépa lui a donné de quoi se nourrir quotidiennement. 
Mais depuis, il s'est comme atrophié. J'ai perdu de l'intérêt pour beaucoup de choses, qui me passionnaient pourtant. Mes journées extrêmement chargées ne m'ont pas permis de maintenir un rythme de lecture suffisant : j'ai peu à peu rangé tous les livres dans les armoires.

Lentement, je me suis enfoncée dans une torpeur intellectuelle qui m'a rongée de l'intérieur. Je voulais, mais je ne pouvais pas. Mon réflexe d'attraper un livre le soir au coucher a été remplacé par une pression sur la télécommande pour allumer la télé.  

 

Et puis, il y a eu la conjonction de plusieurs choses. 
J'ai eu un cours, à l'école, qui a réveillé en moi ma soif d'apprendre, mes souvenirs de Lévi-Strauss, l'époque nostalgique de la lecture un crayon à la main.
J'ai regardé, pour la 10ème fois au moins, l'ensemble des saisons de Kaamelott. Et, petit à petit, des liens, des idées sur le symbolisme de cette série ont commencé à émerger dans ma tête. La couleur, la dissolution dans le gris de la pierre. La métaphore du théâtre, Méléagant en deus ex machina. Les marionnettes, les visions. La couronne, la vue biaisée, la Cantatrice Chauve.

J'ai écouté mes instincts, qui me dictent d'ouvrir des livres, d'en apprendre plus sur l'histoire de l'Inde, de l'Italie, sur l'anthropologie structurale ; la relecture de Giono, de Flaubert - de Beckett.

 

Et c'est comme s'étirer après un long moment de sommeil. Les muscles engourdis, l'impression de ressentir chaque millimètre de son corps qui s'éveille, fait mal mais donne la promesse d'un mouvement futur. C'est la même chose. A mesure que je me replonge dans les livres, je retrouve le bonheur de me poser des questions, d'écrire quelques annotations dans la marge, de construire des liens entre les pages. 

 

Il me suffisait d'un électrochoc pour me souvenir que je ne suis (peut-être) pas condamnée à être un légume. 

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12 novembre 2010

Envie ...

Envie d'être ailleurs

Envie d'une nouvelle voiture qui ne prend pas l'eau

Envie de lire

Envie de dormir

Envie de prendre le temps

Envie de tendresse

Envie de rire

Envie d'été

Envie de lèvres au creux de mon cou

Envie de partir

Envie d'ailleurs. 

Posté par elfairy à 03:05 - Billet du m'heure - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

14 août 2010

Fashion

Je ne l'admets que très timidement : j'aime les fringues. Pourquoi timidement ? Parce que j'ai été élevée dans l'idée selon laquelle la mode, c'est un truc d'écervelée. 

Et bah non. Je ne suis pas écervelée (enfin, pas tout le temps), et j'aime avoir de beaux vêtements (même si j'ai une sainte horreur du shopping - Internet est pour moi le Messie du shopping, bien calée sur mon lit, Charlie le Mac sur les genoux). 


Ces derniers temps, j'ai été faire un tour par ici et par là. Mais surtout par là. Je suis tombée littéralement amoureuse du blog de Betty
En fait,
c'est tout ce que je voudrais être. Amusante et amusée, légère. Comme elle, j'aimerais porter mes fringues sans me prendre la tête. Après, le contexte est sûrement différent : le voyage en RER de nuit (en rentrant du boulot) a toujours gêné mes envies de fashionista. Faut dire que traverser Châtelet en talons de 10 et minirobe à 19h, ça passe ; à 23h30, c'est déjà un peu plus risqué niveau hormones masculines alimentées par la bière de la Guinness Tavern, la rue des Lombards.

J'ai d'ailleurs remarqué une chose chez moi, qui me fait dire que je suis résolument une fille de l'hiver. C'est toujours à l'entrée de l'automne que je commence à avoir envie de sortir mes fringues du placard. En cela, je suis accro au collant opaque (contaminée par Sara, sûrement, lors de nos achats de midi au Monoprix de la rue Caumartin - "Noir, opaque, taille basse, c'est bon je prends"). Mon dernier achat ? Un opaque bleu marine. Je voulais bleu pétrole, mais il ne restait que de la taille 1, et vu ma corpulence, j'aurais fait de ce pauvre collant un voile déchiré. Je veux aussi du gris tourterelle, et j'hésite à fond sur le orange, qui égayerait un peu ma minirobe pull noire fétiche que je mets autant que je peux l'hiver.

Je ne suis jamais plus modeuse qu'en hiver, c'est assez étonnant. Evidemment, je garde toujours non loin de moi mes jeans adorés, mais je les mets moins.
Au fond, c'est peut-être comme ça que je réussirai à prendre confiance en moi.


Moralité : les collants orange, ça vous forge un caractère.



(Il faut à tout prix que je récupère un appareil photo, ça manque cruellement de nouvelles images par ici).  

Posté par elfairy à 23:12 - Billet du m'heure - Commentaires [2] - Rétroliens [0]




13 août 2010

Bilateral

I think I'd like to run away. From what ? I don't really know. 

Mais une chose est sûre, j'ai constamment envie d'ailleurs. 

Je fais partie de ces gens qui ne se contentent jamais de ce qu'ils ont. C'est sans doute là l'origine de mon perpétuel mal-être, de mon perpétuel ennui, au sens fort, au sens pascalien, au sens du Roi Sans Divertissement, au sens de Langlois qui se fait exploser la tête avec un bâton de dynamite dans Giono.

 

"Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie". Pascal

 

As time passes by, I keep on thinking that Un Roi Sans Divertissement was one the readings of my life. Not only a book, but a reading, entirely. A une période où je ne savais trop où j'allais, où je ne comprenais pas ce qui se passait à l'intérieur de moi. J'ai trouvé dans Giono la réponse : rien ne se passe, c'est vaste et vide comme une steppe. C'est vaste, vide et glacé comme cent hectares de toundra. Par ci, par là, un petit arbisseau, qui fait penser à En Attendant Godot et à un sursaut de vie. 

 

On m'a souvent dit : tu réfléchis trop, tu ne t'acceptes pas, sois toi-même. Je veux bien être moi-même. Mais une question essentielle subsiste : qui suis-je ? Qu'est-ce que je fais là ? J'ai passé tellement de temps à être celle que les autres voulaient que je sois, à essayer de me glisser dans la peau de celle que l'on pensait que j'étais, que j'en ai oublié moi-même, quelque part sur le chemin. En revenant en arrière, je suis sûre que je pourrais retrouver moi-même, au bord de la route, toute grelottante de froid et toute amaigrie de ces longues années seules sur le bas-côté. J'ignore s'il est trop tard ou non. J'ai appris à faire semblant. C'est vraiment triste à dire, mais c'est comme ça. Ce que j'écris ici, c'est une énorme partie de moi, que je ne montre jamais, car j'en ai honte. En réalité, je suis cette fille qui écrit derrière son écran, qui sais ce qu'elle écrit et pourquoi elle l'écrit, mais qui ne l'exprime jamais de vive voix. Personne à qui le dire : je n'ai confiance en personne. On m'a tant de fois piétinée, menti, que j'en ai développé une profonde aversion pour tout ce qui se rapporte à la notion de confiance. 

Un jour, j'ai fait lire quelques lignes à une personne qui comptait beaucoup pour moi. Il a lu, n'a pas vraiment compris, et a enchaîné la conversation sur un autre sujet. Ces quelques lignes, c'étaient les suivantes :

 

"On a souvent l'impression que certaines personnes compteront toujours pour nous. Les personnes que l'on quitte, les personnes qui nous quittent. On pense qu'elles auront une empreinte indélébile, figée, qu'elles traverseront le temps, que leur souvenir restera toujours haut en couleurs.
Mais personne n'échappe au temps, le temps qui lisse, qui ponce, qui lime les contours du souvenir. Un point de plus en plus petit à l'horizon.
Car, inutile de se mentir : sur notre lit de mort, nous serons face à nous-mêmes. Que nous servira d'avoir précieusement conservé le souvenir de ceux qui ont traversé nos vies ? Chacun peut et doit se dire : je suis la seule personne avec laquelle je suis sûr de finir ma vie. Peu importe les jours, les semaines, les années. Au bout, à la fin, tout ce qui reste c'est

 

(page blanche)

8.10.2009   Oh30"

 

Ce que j'exprime, ça n'a pas d'intérêt. Ni même la façon dont je l'exprime. Chaque ligne que j'écris est pour moi et avant tout la preuve que je ne suis pas encore totalement vide. Qu'il reste un peu d'épaisseur, dans laquelle je m'englue régulièrement. J'ai toujours un pied dans le marécage.  

 

DSCN4409

 

 

Posté par elfairy à 23:50 - I write sins not ... - Commentaires [1] - Rétroliens [0]

02 août 2010

Feminity

Ou l'art de se sentir supra féminine et féline, rien qu'avec une paire de talons

 

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Posté par elfairy à 19:36 - Billet du m'heure - Commentaires [2] - Rétroliens [0]

01 août 2010

Some ideas are resilient.

(30.07.2010, 17h27, Station)

 

It woulf be awesome to belong to the "beautiful people". You know, like in US movies or TV shows. Girls that are pretty, smart and clever, nice and with good morality. And those beautiful girls, they date beautiful boys with brains and looks. Football players mixed with literature geniuses. 

 

Some people keep on telling me how beautiful I am. How I could drive men crazy. But, let's face it, I cannot have those I want. I get looks, I get occasional compliments, but no one seems to take more interest than that. Guys I've dated often told me I was precious thanks to my mind too. 

Therefore, I can't understand why it is so hard for me to get a man who'd actually love me. Entirely. And for what I am.

 

I mean, let's take a look at it. I'm not ugly. I'm no model either, I'm chubby, but in my thinner periods I actually can look at myself in the mirror without feeling discouraged or disgusted. I'm not ugly.

And I have some brains, right ? I write poetry, I speak 3 languages, I'm into literature, music, theatre, cinema. My iTunes library shows how many aspects I have in me. I'm hard-working, I always try to play nice, I'm never reluctant to do anything in the first place. I'm rather good with kids, and I have one passion that I could live for ; and since the accident I've had a different vision of life. To put it in a nutshell, I ain't that bad. So why is it so hard for me to find someone ? So hard it seems almost impossible. The only one I tought was perfect for me was convinced he was still in love with the pityful whore he dated before me. What did she have that I don't have ? He talked about chemistry, about destiny and made-for-each-other crap. Why haven't I chemistry with anyone ? I don't believe in those determined things. So why isn't there anyone to prove me wrong ? I'm sure I am the problem. Not letting anyone in, not letting myself out. If I'm part of the problem, I should be part of the solution.

 

Right ? 

 


Hockey, Learn to lose

Posté par elfairy à 20:18 - Billet du m'heure - Commentaires [1] - Rétroliens [0]

26 juin 2010

Working Girl

En très peu de temps, je suis passée du statut d'étudiante overbookée entre ses cours, son boulot, ses trains et son quart de poney, au statut de stagiaire urbaine, toujours overbookée entre son boulot, ses trains, son quart de poney et ses amis.

Le temps a pris une nouvelle dimension : alors que, auparavant, mes journées s'étiraient au maximum (j'étais occupée de mon réveil à mon coucher), aujourd'hui elles comportent des espaces vides, dont la vacuité me laisse perplexe, tant j'ai appris à ne plus en avoir. Aujourd'hui, j'ai des temps morts. Et je suis absolument incapable de les meubler. 

 

En parallèle, j'aime beaucoup la sensation d'être un genre de working girl. Enfin, un jour sur deux. J'aime trop mes jeans pour m'en passer. J'aime trop mes débardeurs, mon trait d'eye-liner, mes ras-de-cou et mes baskets pour m'en passer si facilement. J'aime mon jean abîmé, mon top noir un peu long, mes baskets, mon ras-de-cou rasta et mes cheveux en mouvement. 

Mais après ça, il y a aussi les jours où Cosmo m'habille. Ma robe noire, mes talons aiguilles ; mon pantalon de tailleur noir, ma chemise blanche, mes richelieus. Et pour mixer mes deux styles, mon jean brut, mon chemisier noir, mes ballerines cloutées. 
C'est aussi à cause de ces choses que je sais que je suis duelle. Je suis la fille un rock (jean, bière et Coheed and Cambria), je suis la fille un peu R'n'B (grandes créoles, Vodka Sunrise et B In the Remixes), je suis la fille un peu chic (jupe de tailleur, Sex on the Beach et Melody Gardot). J'aime bien être trois personnes, ça me permet de varier en fonction de mon humeur.

En fonction de ce que je veux être, de ce que je veux faire : chanter, danser, écrire. Les trois aspects un tant soit peu artistiques de ma vie. 

Posté par elfairy à 23:58 - Billet du m'heure - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

31 mai 2010

Toutes les bonnes choses ont une fin

Et voilà, après un an, quatre mois, une semaine et deux jours, ma vie au Mc Donald's Saint Michel est terminée. A cause du début imminent de mon stage (demain !), j'ai dû poser ma démission, à regrets. 

Non pas que le travail là-bas va me manquer. Je retiendrai surtout le mal de dos et l'énervement face aux gens qui sont trop lents pour moi, ainsi que mon abomination de la caisse (misanthrope un jour ...).

Non, ce qui va me manquer, ce sont les gens. J'ai trouvé là-bas de vrais amis : de ceux sur qui j'ai pu compter, et sur qui je peux toujours compter, même quand il ne s'agit pas de Royal Deluxe ou de muffin au chocolat. De ceux qui m'ont immédiatement soutenue quand j'ai découvert les horreurs cachées d'une relation qui a été réduite en poussière. De ceux qui me disent que rien ne sera pareil au travail, sans moi pour raconter des conneries d'un bout à l'autre de mon shift. 

 

Aussi étonnant que ça puisse paraître, j'ai appris plusieurs choses au cours de cette année. Sur moi, sur les autres. La première, c'est que je suis toujours capable de passer autant de temps dans un endroit, et d'y laisser une petite trace. D'en garder quelque chose. Je ne peux m'empêcher de penser que lui, par exemple, est parti en laissant tout le monde derrière : rien n'aura changé entre le moment où il est arrivé et le moment où il est parti. Rien n'a évolué, et surtout pas lui.

Au contraire, j'ai changé. Beaucoup. L'assurance qui me faisait cruellement défaut, je l'ai regagnée. Je me suis découvert un certain don pour le contact, que je ne me soupçonnais pas (misanthrope un jour, bis). Et un talent incommensurable pour débiter des stupidités pendant plus de 4h d'affilée. 
Alors oui, mon travail au Mc Do, c'était dur, je m'en suis beaucoup plaint, c'était fatiguant, je rentrais à pas d'heure quand je finissais à minuit, mais ça a été un peu plus qu'un travail. Une expérience. Et une opportunité, parce que je sais maintenant que j'y ai créé et développé des amitiés solides, de celles qui survivent à un départ.  

Donc ça me serre un peu le coeur de me dire que je n'irai plus bosser là-bas, que je ne ferai plus de bataille avec Ugo devant la pointeuse pour pointer avant tout le monde, que je ne chanterai plus "Pirouette Cacahuète" en cuisine, que je n'organiserai plus de Jeu des Frites, que je ne dirai plus "allez, ça croustille les enfants !", que je ne ferai plus les plus beaux sundaes du monde, que je ne dirai plus à Farida "Ce soir, c'est objectif 100% Palm avec Marine !", et que je n'entendrai plus Pauline me crier "Marineeeette ya 3 grandes frites !" ou Guillaume me dire "non mais c'est une vraie brocante, ce bin", que je crierai plus "Olga !" en levant les bras quand je vois Evan
Des tout petits trucs stupides et sans importance, mais qui ont fait mon (quasi-) quotidien pendant un an et quatre mois.  Et que j'ai du mal à faire entrer dans la case "passé".

 

(Hier soir, avec Pauline et Guillaume, nous sommes allés voir Rodolphe -nom de code- dans son Mc Do, et mon premier réflexe a été de lui dire : "salut ! ça va ? faudrait penser à noter les pertes, ça fait pyramide de Bacon" ... les habitudes sont difficiles à perdre !). 

 

Mais ce qui me console, c'est que je sais très bien que si je venais à retourner dans ce Mc Do, même en tant que cliente, je serai bien accueillie. Je ne me suis pas fait d'ennemis, et je suis plutôt bien appréciée de tout le monde. (d'où la levée de bouclier générale pour me défendre et me protéger quand les gens ont appris ce qu'il a fait).

Et aussi, que mes amis proches seront toujours là, Big Mac ou pas. 

Posté par elfairy à 15:19 - Billet du m'heure - Commentaires [2] - Rétroliens [0]